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Roboticien, gamedesigner, auteur de documentaire transmedia, designer d’interactivité, muséogeek, veilleur et passionné d’Histoire de Lyon et d’ailleurs…

Ludification: Le jeu vidéo peut apporter au web. Partie 0: Quelques rappels

0. Introduction

Suite au succès de la présentation du 30 janvier 2014 que j’ai co-animé avec Louis Brunier à l’invitation de l’association Designers Interactifs – Lyon dans l’espace de coworking l’Atelier des médias. Je me suis motivé pour rédiger une série d’articles qui me permettra d’approfondir un sujet tendance: La gamification qui, dans la langue de Molière s’appelle la ludification. Fort de plus de 40 ans de conception d’expérience utilisateur, le jeu vidéo a, sur bien des points, repoussé les limites des interfaces hommes/machines et autres comportement dans des univers virtuels et, je pense, peut amener à faire de « meilleurs » sites web.


La ludification? On en parle beaucoup. On promet monts et merveilles. On l’annonce comme une solution miracle pour l’assiduité des apprenants mais ce sont souvent des effets de mode, du marketing pour paraitre dans le vent (comme les feuilles mortes). Cela est probablement dû au fait que ces gens qui veulent s’inspirer des mécaniques du jeu vidéo ne jouent pas. Ayant un peu d’expérience sur les deux sujets (web et jeu vidéo), je vais donc tenter de montrer ce que le jeu vidéo peut apporter à la conception de site web en analysant certains éléments pertinents des jeux vidéo.

1. Définition de la ludification

Video games ruined my life

Définition (wikipedia) : La ludification (terme inspiré de l’anglais gamification) est le transfert des mécanismes du jeu dans d’autres domaines, en particulier des sites web, des situations d’apprentissage, des situations de travail ou des réseaux sociaux. Son objet est d’augmenter l’acceptabilité et l’usage de ces applications en s’appuyant sur la prédisposition humaine au jeu.

Cette technique de conception permet d’obtenir des personnes des comportements que l’on pourrait considérer sans intérêt ou que l’on ne voudrait ordinairement pas faire : remplir un questionnaire, acheter un produit, regarder des publicités ou assimiler des informations.

Cette définition correspond bien à l’idée générale que l’on s’en fait. Mon propos dans cette suite d’articles ne sera pas seulement de parler uniquement des mécanismes de jeu qu’on pourrait décliner mais aussi de présenter d’autres aspects des jeux vidéo dont on peut s’inspirer pour faire un site web. Il existe de nombreux exemples qu’on ne soupçonne pas.

2. Définition d’un jeu vidéo

Capture d'écran du jeu vidéo PongLa définition wikipédia nous indique:

Un jeu vidéo est un jeu électronique impliquant une interaction humaine avec une interface utilisateur afin de générer un retour visuel sur un dispositif vidéo. Le joueur de jeu vidéo dispose de périphériques pour agir sur le jeu et percevoir les conséquences de ses actes sur l’environnement virtuel.

Cette définition est exacte mais ne porte pas sur les spécificités du jeu vidéo par rapport au jeu traditionnel hormis la dimension électronique. Pour aller plus loin,  la définition proposée par le chercheur et enseignant en sciences de l’information et de la communication, Etienne Armand Amato , lors de sa soutenance de thèse:

Le jeu, envisagé comme phénomène engageant subjectivement et pragmatiquement un être humain, est un processus artificiel et normatif, problématique et finalisé, qui lui attribue rôles, fonctions ou responsabilités.

L’incomplétude structurelle de cette activité tend vers un état de complétude ultime en rapport avec le but prioritaire qui légitime cette dynamique. Incertain quant à son déroulement et/ou son issue, ce processus informationnel est intégratif.

Il structure la spatio-temporalité d’un microcosme symbolique et original, autonome et évolutif. Il fait sens pour qui le met en œuvre en toute conscience au moyen d’un système de communication ouvert, codifié et adéquat.

Je suis d’accord, c’est un peu rude mais le jeu vidéo prenant une part de plus en plus importante dans nos loisirs et dans nos vies professionnelles avec les jeux sérieux (ou serious games), c’est donc normal que des chercheurs en sciences humaines rationalisent ces pratiques d’autant que ce chercheur est sympathique et particulièrement ouvert à la discussion et aux échanges.

3. Le jeu vidéo est par définition une expérience utilisateur.

Achievement unlocked templateDans le web, on parle souvent de la fameuse UX (User eXperience), nous les game designers, c’est notre fond de commerce. Les joueurs paient pour une expérience utilisateur et uniquement pour ça.

Une caractéristique importante de jeu vidéo c’est qu’il est autotélique, c’est-à-dire que cette activité se suffit à elle même. On joue pour jouer alors qu’on va sur un site web pour trouver une information. Cette différence à un impact important sur le design d’interaction. Un design de site web doit faciliter l’accès à l’information. Lorsqu’on cherche une info, on en a besoin tout de suite et on a pas envie d’avoir à parcourir des dizaines de pages pour y accéder. Dans un jeu, c’est l’inverse. On est la pour galérer. Quand on paye 60€, on a pas envie que le jeu se finisse en 10 minutes. On attends du jeu un long parcours qui nous immergera dans une aventure et qui nous donnera la satisfaction d’avoir réussi quelque chose. La sensation de progression est une des sensations recherchées par les joueurs. C’est même bien souvent une des principales origines des addictions aux jeux vidéo. Le manque de sensation de progression dans la vie réelle est « comblée » par le sentiment de réussite dans le jeu.

4. La réussite par l’échec

game over street fighter 2Point essentiel de la culture jeu vidéo est l’échec. Le principe de base d’un jeu vidéo est qu’on arrive au niveau suivant après avoir échoué un certain nombre de fois. Dans notre tradition culturelle française, l’échec est mal vu.  Nombres de parcours scolaires ont été soi disant entaché par des années redoublées. Nous avons sur ce point la mémoire courte. Un parallèle avec l’apprentissage de la marche me semble indispensable. Lorsqu’on apprends à marcher, on commence par marcher à quatre pattes. Ensuite, on s’aide des murs pour se redresser sur deux jambes. Plus tard on lâche le mur et on fait ses « premiers pas ». On chute, on tombe, on se fait mal sous l’œil ému de ses parents qui trouvent ça mignon de voir leur enfant progresser. Arrivé à l’école, le climat est tout autre. Si on ne réussi pas une dictée ou un exercice de mathématiques, la sanction est immédiate: on obtient une mauvaise note. Le jeu vidéo est sa culture du progrès par l’échec a donc beaucoup à nous apprendre.

5. Un bon troll: Les badges c’est « has been ».

 

open badge backpackJ’entends souvent parler d’Open badges . Je suis d’accord qu’ils permettent d’identifier rapidement le parcours d’un utilisateur sur telle ou telle formation, ses actions sur tel ou tel site, etc. Mais bon, ça me fait plus penser aux bons points de l’école de mes parents voire de mes grands-parents. Cerise sur le gâteau, au bout de 10 points ont pouvait avoir une image. \o/ On peut noter aussi que c’est par la récompense qu’on dresse les animaux. Au passage, les bons points sponsorisés par une entreprise privée sont une belle démonstration que les partenariats public/privé ne sont pas récents.

illustration d'un bon pointAprès un rappel de ces quelques points clés , les prochaines articles tenteront de montrer en quoi le jeu vidéo peut aider à faire de meilleurs sites web.

A très bientôt pour la suite,

Startup Weekend Openlabs à Lyon les 21,22 et 23 février 2014

Les lecteurs de mon blog connaissent forcément les Startup Weekend. Pour ceux qui l’ignorent encore, il s’agit de créer des entreprises en 54h. Chaque équipe constituée d’un entrepreneur, un designer, un ingénieur/codeur, un marketeur, se posent pendant un weekend pour proposer non seulement un concept d’entreprise mais aussi un business plan. Le dimanche soir, un jury composé de professionnels, récompense le meilleur projet.

Logo Startup Weekend Open Labs LyonLes 21,22 et 23 février 2014 à l’INSA de Lyon a lieu un de ces weekend mais avec une particularité de taille, les pitcheurs sont exclusivement des chercheurs qui présentent ici leur sujet de recherche contrairement aux autres Startup Weekend où chacun peut proposer son idée au début de l’évènement d’où le nom Startup Weekend Digital Open Labs.

Des nombreux partenaires, tels que SATT (le service de valorisation de l’Université de Lyon associé à l’incubateur Crealys), l’ARDI (portail de l’innovation en Rhône-Alpes), INSA Valor (filiale de Recherche & Développement, Valorisation et Formation Continue de l’INSA de Lyon), Tech2Market (coachs en innovation et entrepeunariat), le Cluster Edit (pôle de compétitivité de la filière « logiciel et services » du territoire rhônalpin), La Cordée (espace de coworking), Novius (agence digitale), Lyon Ville de l’entrepreunariat (Réseau d’accompagnement à la création, reprise, transmission d’entreprise dans le Grand Lyon), Startup Digest (portail sur les startups), Blinkist (Bibliothèque numérique autour des startup et de entrepreneuriat) et Rives Numériques (pépinière de la filière Digital à Lyon), ont répondu présent dans le but, non seulement de faire sortir des laboratoire les résultats de recherche mais d’aller jusqu’à la commercialisation en  établissant un business plan viable.

Si vous êtes chercheur, programmeurs, designer (web ou produit), marketeur, créatif, entrepreneur, inscrivez-vous pour participer à cette aventure et développer les technologies du futur.  Infos et formulaire d’inscription.

Le teaser que j’ai réalisé:

La vidéo sur l’Atelier Objets Connectés de novembre 2013 à Lyon

A l’initiative de chercheurs et de passionnés (dont moi), en novembre 2013 à Lyon, s’est déroulé un premier atelier sur les objets connectés. Découpé en 3 soirs, cet atelier proposait aux chercheurs, ingénieurs, designers et autres curieux de créer un objet connecté à l’aide des Arduino et de boîte de Lego Mindstorms mis à disposition par le Liris et le fablab de Lyon « la fabrique d’Objets Libres » qui ont amené une découpeuse vinyl et d’une imprimante 3D. Cet événement était entièrement libre et gratuit gràce aux partenaires.

illustration Ateliers Objets Connectés

Le premier soir, à La Cordée – Liberté, après l’apéro, la phase de pitch a pu commencer suivie de la phase de constitution des équipes. Après distribution du matériel, les équipes ont posé le concept de leur futur objet connecté et ont découvert le contenu des boites.

La seconde soirée s’est déroulée dans les locaux du Liris sur le campus de La Doua. Les équipes constituées à la première soirée se mettent immédiatement au travail de manière à ne pas perdre de temps et a commencer à réaliser leur projet dans une certaine convivialité.

La troisième soirée commença par un débugage des prototypes toujours dans une ambiance sans pression, l’objectif étant de s’amuser plutôt que faire une compétition. L’évènement ayant pour but la créativité et la créativité et non le business. Les participants ont signé une convention les obligeant à utiliser les licences libres pour leurs créations.  S’en ai suivi la phase de présentation des prototypes. On y a vu des objets tels qu’un « doudou » connectés à destination des enfants, des prises de courants connectés, un robot livreur de message IRL, un système de gestion de jauge pour une salle de spectacle ou encore une « Pirate-Box » permettant d’échanger des fichiers dans un réseau sans fil local sans connexion au net.

Ayant participé à l’organisation, je dois dire que l’énergie et la passion des participants a permis que ce première atelier soit une réussite et qui nous pousse à en organiser un autre au printemps 2014. Plus d’infos sur le site web de l’atelier.

La vidéo résumant les 3 soirs faite par mes soins:

L’homme au bras de « Terminator » peut faire ses lacets.

Capture d'écran de la vidéo d'un bras bionique de la société rslsteeper
 
La société anglaise Rslsteeper nous avait déjà proposé cette vidéo d’un bras bionique qui permet au patient qui a subi une amputation du bras d’ouvrir et de servir seul une bière. Cela nous démontrait la précision et la finesse des réglages qu’ils sont arrivés a obtenir de manière à ne pas casser le verre que le bras bionique saisit. Ils viennent de diffuser une nouvelle vidéo qui montre cette fois que le patient peut lasser ses lacets et mettre distribuer des cartes à jouer. Celle nous montre une fois de plus que la robotique peut aider nombres d’handicapés.
 

 

Tweetping: La visualisation des tweets en temps réel sur un planisphère

Capture d'écran tweetping

Si comme moi vous aimez Twitter, la cartographie, et la data visualisation, Tweetping  devrait vous plaire. On y retrouve, sur une jolie carte, le lieu d’envoi des tweets. Les statistiques affichées en dessous sont classées par continent. Le tout est fait avec les librairies Nodejs, Socket.io, Processing.js et Backbone.js.

Le robot qui réussi un parcours d’obstacle. Un pas de plus dans la motricité

Mes lecteurs fans de robotique connaissent probablement la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) la fameuse agence de recherche de l’armée américaine et la société Boston Dynamics la célèbre société à l’origine du BigDog, le robot de transport tout terrain, et du Sand Flea. Elle vient de publié une vidéo du robot « Petman » qui franchi avec succès un parcours d’obstacle plutôt corsé pour un robot. Le robot franchi une marche de 40 – 50 centimètres de haut mais aussi un escalier aux marches de taille plus importante. qu’un escalier standard. Encore un pas de plus dans la motricité et une belle avancée vers les terminators.

 

 
Capture d'écran de la vidéo darpa - pet man obstacle